
La France, la guerre froide et la Méditerranée
Des accords d’Évian à la Perestroïka
Dans une historiographie de la guerre froide largement consacrée aux rapports entre les États-Unis et l’URSS, la France a longtemps fait figure de parent pauvre. Pourtant, elle a bel et bien vécu « sa » guerre froide et ne s’est pas contentée de jouer les seconds couteaux. Mieux, sur l’un des principaux théâtres de l’opposition Est-Ouest que fut la Méditerranée, elle est devenue un acteur incontournable du jeu bipolaire entre les années 1960 et la décennie 1980. Seul État riverain de cette mer à disposer de l’arme nucléaire, à être membre permanente du Conseil de sécurité des Nations unies et à bénéficier d’une forte influence en Europe méridionale comme dans le monde arabe, la France de la Ve République a cherché à s’imposer comme un trait d’union entre l’Orient et l’Occident, entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et Sud ; elle s’est également efforcée de lutter contre la pénétration de l’URSS dans un espace considéré comme vital pour la sécurité de l’Europe occidentale.
En proposant une analyse décloisonnée des politiques soviétique, transatlantique, arabe et européenne de la France et en portant une attention aux évolutions sociétales du bassin méditerranéen (questions identitaires, religieuses, environnementales) et à leur impact sur l’évolution des rapports de force internationaux, cet ouvrage montre combien la compétition entre les blocs a permis l’émergence d’une véritable doctrine française pour la Méditerranée.
Avec le soutien du laboratoire MESOPOLHIS.
De Gaulle et la bipolarisation de la Méditerranée : la fabrique d’une doctrine, 1962-1967
- Du Liban à Cuba : le poids des crises dans les réorientations stratégiques des deux Grands et de la France en Méditerranée
- Pour un dépassement des blocs en Méditerranée : acteurs et outils d’un dessein régional aux accents globaux
- Au Sud aussi, « détente, entente et coopération »
L’échec triomphal de la France en Méditerranée, 1967-1970
- La crise de mai 1967 et la guerre des Six Jours
- La France dans l’« espace 68 » méditerranéen : l’être et le paraître
- La France, les deux Grands et la « solution à quatre » de 1968 à 1970.
Vers l’émergence d’un espace euro-méditerranéen de sécurité et de coopération ? Georges Pompidou et les ambiguïtés de la détente, 1970-1973
- Neutralisme et désarmement : la France au pied du mur
- La CSCE, pierre de touche de la politique méditerranéenne de la France ?
- La compétition franco-soviétique en Méditerranée à l’heure de la détente en Europe
- Statu quo régional pour « condominium » global. Le Proche-Orient post-nassérien, point d’ancrage de la mésentente franco-américaine
Stratégie opportuniste ou opportunités stratégiques ? La France et l’épicentre méditerranéen de la « crise de l’Occident », 1973-1976
- De Pompidou à Giscard d’Estaing : les conceptions françaises de la sécurité en Méditerranée au prisme des crises du milieu des années 1970
- La « méditerranéisation » giscardienne des outils européens de sécurité et de coopération
La France et la crise de la détente dans l’espace-monde méditerranéen, 1976-1979
- Offensive globale soviétique ou négligence américaine ? La crise de la détente et la Méditerranée au prisme du regard français
- Une expertise de la menace toujours en construction
- Le « moment Carter » de la diplomatie giscardienne et la réaffirmation de l’« autre Occident »
Beyrouth avant Berlin ? La France au défi d’une sortie anticipée de la guerre froide, 1979-1985
- Les conséquences méditerranéennes de la crise afghane, ou la nécessaire réévaluation de l’engagement giscardien de guerre froide
- La France, actrice non assumée de la sortie de guerre froide méditerranéenne ?
- Ordre international et menaces transnationales : la diplomatie mitterrandienne entre clairvoyance et frustration
