
Être le numéro deux
Une histoire des rapports de pouvoir à la tête de l’État. Suivi d’un entretien avec Jean-Pierre Raffarin
« Le Premier ministre est un collaborateur. Le patron, c’est moi », affirmait Nicolas Sarkozy au sujet de François Fillon en 2007 : c’est peu dire que les rapports entre le président et son numéro deux sont marqués, non seulement par la coopération, mais par la compétition. Jusqu’à récemment, c’est surtout le numéro un, président ou monarque, que l’histoire a retenu. Ici, c’est sur le numéro deux du passé – tantôt caricaturé comme ambitieux intrigant, tantôt rabaissé comme un servile exécutant – et sur sa relation au numéro un que le projecteur est braqué : de la figure des philoi hellénistiques, des préfets du prétoire romains, des maires du palais francs, des favoris et cardinaux-ministres modernes, jusqu’aux premiers ministres contemporains. Sous cette lumière apparaissent également toutes les rivalités à une échelle plus locale, à la tête d’une chancellerie médiévale, d’une ville d’Ancien Régime ou d’un parti politique. Un entretien conclusif avec l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin montre combien la vie politique contemporaine continue de s’inscrire dans cette histoire au long cours.
Avec le soutien de Paris-Est Sup.
Histoire, Histoire ancienne, Histoire contemporaine, Histoire longue durée, Histoire médiévale, Histoire moderne, Politique
Les numéros deux dans les sociétés prémodernes : Antiquité et Moyen Âge
- Les rois et leurs favoris. Contrôle et recomposition des cercles du pouvoir à l’époque hellénistique
- Le numéro deux dans l’empire romain tardif (289-476)
- Les rois francs et leurs seconds, du maire du palais au duc des Francs (VIIe-Xe siècle)
- Devenir vizir à la place du vizir. Rivalités et jeux de pouvoir à la cour d’al-Muqtadir
- Seconder César au XIVe siècle. Le rôle politique du chancelier impérial Jan de Středa au travers de sa correspondance avec Pétrarque
- Des numéros deux de chancellerie. Les vice-chanceliers du duché de Bretagne au XVe siècle
Le numéro deux et l’essor de l’État moderne
- Un second, des seconds dans la monarchie espagnole au XVIIe siècle ? Le ministre-favori face aux puînés royaux (1621-1632)
- Louis XIII et Richelieu : faveur et ministère
- Stratégies politiques, jeux d’influences et réseaux ou comment le « numéro deux » est devenu le « numéro un ». L’exemple de François Payan (1752-1794)
- Jean-Jacques Régis de Cambacérès, le dévoué bras droit de Napoléon Bonaparte
Le numéro deux dans les démocraties parlementaires
- Le protagonisme du « numéro deux ». Charles de Freycinet, ingénieur républicain de la constance gouvernementale (1870-1921)
- Waldeck-Rousseau, secundus a rege de Gambetta et de Ferry (1881-1885)
- De numéro deux à rival. La trajectoire politique d’Íñigo Errejón au sein du parti Podemos
- Le témoignage d’un numéro deux. Entretien avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2005)
