
Contester l’Inquisition (XIIIe-XVe siècle)
Dès les premiers temps de son existence, dans les années 1230, l’Inquisition suscita des réactions parfois très hostiles et violentes. Les inquisiteurs furent régulièrement les cibles du déchaînement populaire, jusqu’à en perdre la vie. S’il s’agit de l’une des manifestations les plus visibles et spectaculaires de cette hostilité, les formes que prirent les contestations et résistances furent en réalité d’une grande diversité.
Traquer la pluralité de ces modes d’opposition à l’Inquisition nécessite de s’intéresser aux contextes locaux, à l’équilibre des pouvoirs, aux enjeux de la défense des droits et prérogatives, ainsi qu’aux acteurs de cette résistance. Cela conduit à mieux saisir la délicate insertion de ce tribunal au sein de la société, mais aussi à prendre en compte les moyens de défense de l’office par les acteurs eux-mêmes et à mesurer ses capacités de réaction.
L’ambition de ce livre est de poser les bases d’une étude comparative afin d’offrir un premier état des lieux assez large de la diversité des formes que prennent ces contestations dans l’espace de l’Europe. Elle s’inscrit dans le temps long de l’histoire de l’office d’Inquisition, depuis son émergence, jusqu’à la reconfiguration de la sorcellerie comme hérésie à la toute fin du Moyen Âge.
Avec le soutien de l’université de Lausanne, de la Fondation pour la protection du patrimoine culturel, historique et artisanal (Lausanne, Suisse), du CIHAM-UMR 5648 et de l’École normale supérieure de Lyon.
L’inquisition en question : entre conflits juridictionnels, négociation et collaboration
- Élites dirigeantes et Inquisition dans les consulats du Midi de la France (première moitié du XIIIe siècle)
- Résistance à l’Inquisition et défense des statuts communaux dans les villes toscanes au XIIIe siècle
- L’« affaire Gilles Mersault » à Tournai (1423). Un cas de résistance à l’inquisition ?
Les résistances à l’inquisition : entre violence, droit et argumentations savantes
- Qui sont les vaudois de la couronne d’Aragon ?
- Résister par la parole. Discours critiques contre l’Inquisition italienne (XIIIe-XIVe siècles)
- La mise en cause de l’Inquisition dans la controverse hussite
- Appel au pape et résistance à l’Inquisition en France au xive siècle
- Un inquisiteur en procès. Pietro dell’Aquila, entre faillite des Acciaioli et abus de l’Office (Florence, 1346)
- Au-delà des bûchers. Procès inquisitoriaux, condamnations et annulations (XIVe-XVe siècles)
Le cas de la sorcellerie : délimitation du champ de compétence de l’office d’inquisition
- Quand le concile de Bâle cite l’inquisiteur à comparaître. Le cas d’Ulric de Torrenté face à Antoine Mathey (1439)
- Limiter l’hérésie ? Un discours de résistance face à l’inquisition et au sabbat des sorcières. Le Tractatus de haeresi d’Ambroise de Vignate (vers 1468)
- Résister à la chasse aux sorcières. Le De synagoga demonum d’Humbert de Costa (o. carm.), c. 1470 .
La défense du mode inquisitoire et de l’office d’inquisition
- La résistance à l’inquisition naissante en France du Sud vue par un dominicain. La chronique de Guillaume Pelhisson († 1268)
- La rationalisation de l’entrave à la procédure inquisitoire. Sur la genèse d’un « crime de résistance » à l’inquisition dans les lettres pontificales (1231-1265)
- La revanche de l’Inquisition languedocienne, de Clément V à Jean XXII. Bernard de Castanet, Bernard Gui, Bernard
- Délicieux et la « réconciliation » des « empêcheurs » de Carcassonne (v. 1308-v. 1330)
- La Recollectio de Jean Bréhal. Un plaidoyer pour une autre inquisition
- Conclusion. Révolte, religion et conflits politiques. Les Inquisitions à l’époque moderne
